Bodhgaya, Bihar (India)

samedi 27 février 2010

Julie, Manju, Shiva...

3 prenoms, 1 famille, une guest house, et une nouvelle famille de coeur...

J'avais rencontre Manju en novembre dernier, a l'occasion d'un message que j'avais fait avec Virginie le dernier jour avant de quitter Varanasi. Nous avions peu de temps, mais le massage fut excellent, et je m'etais promis de revenir voir Manju pour un massage complet.

Je suis venue, et revenue...Cette femme me touche, elle a quelque chose de profondement bon en elle. Sa fille Julie (prononcer Jooli) a 18 ans, et est a l'universite en 1ere annee ou elle etudie les sciences pour devenir...infirmiere!!
Du coup nous papotons boutique pendant qu'elle me fait du henne sur une main! Les dessins sont tres beaux, tres fins.
Le contact passe tres bien avec elle, elle est tres douce, tres humaine comme sa maman.

Ce soir je suis passe leur dire bonjour, et je suis restee toute la soiree, j'ai eu droit a un repas incroyable, et je suis du coup invitee a sejourner a la Shiva GH (Shiva parce que le frere aine, qui est aussi le manager de la GH, s'appelle Shiva...) lors de mon prochain sejour a Varanasi.

Manju, la maman de Julie, a 2 autres garcons. Elle est lainee des 5 enfants de la famille. Ensuite il y a 3 garcons dont Shiva, puis une soeur qui est mariee et vit a Bombay.
Manju cuisine, lave le linge des touristes, et fait les massages ayurvediques a l'huile. Elle a 42 ans, mais elle est tres marquee par la vie et fait plus que son age... Elle s'est mariee a 14 nas, et n'a pas eu acces a une education digne de ce nom, comme beaucoup de femmes en Inde. Du coup elle veut le meilleur pour ses enfants, et se sacrifie pour qu'ils aient droit a des etudes, comme Dulriya a Bodhgaya...

Dulriya, Manju et toutes les autres, je n'envie pas votre vie, ce labeur quotidien au service des autres sans jamais penser a vous... mais je vous rends hommage ici pour votre coeur qui a su rester intact et genereux malgre les vicissitudes de la vie et la durete de votre existence...

Du coup, j'ai prevu de revenir en novembre 15 jours pour un stage de langue hindi (Shiva connait un bon professeur qui pourrait m'enseigner), et je vais essayer de caler ca poue etre la pour le festival de Durga (la deesse rouge, Durga la rouge) et Diwali, le festival des lumieres...
Et je sejournerai a la Shiva GH, pour passer plus de temps avec Julie, Manju et les autres femmes de la famille....j'ai beaucoup a apprendre des femmes indiennes...

Varanasi: en attendant Holi

27 fevrier 2010

Derniere soiree a Benares, et je me dis que j'ai vecu des moments tellement riches ces 3 derniers jours...

Avec Vinay (ex Rahul pour ceux qui n'ont pas suivis...) et Sonu, avec lesquels j'ai passe 2 jours a papoter de tout et de rien, et a apprendre a leur contact ce qu'est la vie de 2 jeunes garcons ici a Varanasi.
Vinay a eu 14 ans le 6 decembre dernier, et Sonu 24 mais il ne connait pas sa date de naissance.

Jusqu'a l'an dernier, il ne connaissait meme pas son age, et il demandait toujours a sa mere quel age il avait...mais elle ne savait plus.. Du coup, il est alle au "register" et il a appris qu'il avait 23 ans... c'etait en 2009, donc cette annee il en a 24, logique...

Sonu est boat man, il a sa propre barque et promene les touristes (indiens et etrangers) sur le Gange le matin et le soir. Il se leve a 4h30 tous les jours, il prend sa douche, avale un chai et se tient pret des 5h30 pour alpaguer les 1ers touristes souhaitant assister au lever du soleil sur le Gange, ce qui est un spectacle merveilleux, qui me laisse bouche bee a chaque fois... C'est aussi le moment ou les hindous font leurs 7 bains rituels le long des ghats au bord du Gange, et c'est aussi tres interessant a voir.
1h de barque coute environ 80 a 100 rps. En general les derniers clients ont termine vers 8h, car apres le soleil est trop haut pour faire des photos, et c'est la raison principale de la ballade...

Apres, Sonu rentre chez lui, il reprend une douche et va prendre un petit dejeuner: puri (sorte de galette frite) et sabji 9curry de legumes et pommes de terre), suivis d'une petite douceur tres sucree dont j'ai oublie le nom.
Sonu vit avec toute sa famille dans la vieille ville, dans une de ces maisons typiques de Varanasi, tres haute et tres etroite, avec une terrasse sur le toit surplombant la ville et avec vue sur le Gange, ideal pour le cerf-volant...
Il vit avec sa mere et son frere, ses 2 soeurs sont mariees et vivent maintenant pres de Bodhgaya.
Son pere est mort, assassine par ses 3 cousins pour une querelle de famille.. C'est Vinay qui m'en parle, car Sonu est encore trop meurtri pour en parler...

Il n'est pas encore marie, car il veut travailler et mettre de l'argent de cote avant d'avoir une famille
Ce sera un mariage arrange, mais pour lui c'est le bon choix, car c'est Dieu qui choisit, et pas les hommes qui font souvent les mauvais choix... et puis c'est sa culture comme il dit, et ce n'est pas un probleme, meme s'il comprend que certains aient envie d'autre chose. Leur meilleur ami, Pappu, a fait un mariage d'amour, et a du quitter la maison familiale car il ya eu une terrible guerre familiale a cause de ca. Il vit maintenant dans un village de l'autre cote du Gange, et nous sommes alles lui rendre visite et faire la connaissance de sa femme. Elle est tres jeune, tres timide.... et Vinay et Sonu passent leur temps a rire sous cape des qu'elle passe a cote d'eux...

Petite blague de Pappu: sais-tu pourquoi les indiens boivent leur the avec du lait (le chai est un the noir melange avec un peu d'eau, beaucoup de lait, des epices et du sucre)? Reponse: parce qu'ils pensent qu'en buvant leur the nature (black tea), leur peau va foncer, donc ils ajoutent du lait pour l'eclaircir!!

Je suis allee dejeuner chez Sonu ce midi (apres avoir evidemment dejeune avec eux 2 juste avant, comme d'hab, mais quand tu rends visite a une famille ou des amis, surtout au moment de Holi, tu dois manger quelque chose, meme si tu a deja le ventre plein..."this is our culture France, eat!"). Sonu etait heureux de me presenter sa mere et sa jeune soeur qui etait la avec sa petite fille de 18 mois, une vraie coquine!
La soeur de Sonu etait etonnee que je ne porte pas de bangles, ces bracelets multicolores que portent les indiennes aux 2 poignets.
Le probleme est que mon pognet est beaucoup plus fort que celui des indiennes, et que je ne trouve jamais de bracelets a ma taille...
Qu'a cela ne tienne, elles sortent leurs boites a bijoux et tentent de m'enfiler leurs bracelets....en vain! Mais un indien (et a fortiori une indienne!) ne s'avouant jamais vaincu, Sonu envoie sa soeur a la boutique a cote pour acheter un bracelet king size! Et elle revient avec 4 bangles (ca s'achete par 4) et parvient non sans difficultes a me les enfiler, 2 a chaque bras!
Sonu est content, ses soeurs aussi, mais il est desole car il n'a pas assez d'argent aujourd'hui pour m'acheter les autres bracelets, donc il me les donnera demain avant mon depart...

J'ai aussi rencontre la mere de Vinay ce matin. La communication est plus difficile car elle ne parle pas du tout anglais et semble assez fermee au 1er abord... Vinay me montre des photos de lui petit, et sa maman les regarde avec moi. Je la sens cassee par la vie, malheureuse sans doute, en tout cas pas tres epanouie au contraire de la mere de Sonu qui est tout sourire et generosite, alors qu'elle ne parle pas anglais non plus...
Vinay demande a sa mere de me mettre su henne sur l'autre main, et du coup nous partageons ce moment toutes les 2, mais la encore, je ne ressens pas la meme emotion que la veille avec Julie (prononcer Jooli) et je suis genee de lui imposer quelque chose dont elle n'a visiblemement pas tres envie... En fait je pense qu'elle est fatiguee, comme toutes ces femmes indiennes qui ne vivent que pour leur famille et passent toute leur vie a cuisiner, nettoyer, elever les enfants, esclaves modernes de leur belle famille et de leur mari...

Vinay a une petite valise dans laquelle il garde tous ses tresors (cartes postales, photos, livres) offerts par les touristes de passage, touches par ce jeune garcon tellement a part, en tout cas a mes yeux...

Vinay et Sonu (dont la phrase fetiche est "nothing the problem", c'est a dire, pas de soucis, ne t'inquietes pas) m'ont accompagne pendant ces 2 jours du matin jusqu'au soir (de 9h30-10h a 16h, car avant et apres ils doivent travailler, Sonu sur le Gange dans son bateau, et Vinay sur les ghats pour ammener les touristes dans la boutique de tissus de son patron), sans rien demander, m'invitant dans leurs familles, me faisant des cadeaux, payant tout pour moi (chai, internet, henna...), m'offrant une journee entiere de bateau sur le Gange jusqu'au palais de Ramnagar...
Vinay m'a trouve un nom indien: Pooja, ce qui veut dire ceremonie en hindi. C'est un nom tres prise pour une femme... Alors voila, je suis Pooja, Vinay me considere comme une 2eme maman, et Sonu comme une soeur...

Comment je vais faire a Paris? Redevenir France va etre un peu plus difficile cette fois-ci je crois...

Partir

Partir, c'est explorer ce nouveau monde qui emerge, le comprendre, le faconner. C'est vouloir participer a ce concert de voix nouvelles dans lequel chacun ambitionne d'ouvrir un chemin original, et repondre a cette question qui taraude tous les voyageurs: "D'ou viens-tu?" En reponse, ceux-ci voudraient repliquer: "Qui es-tu?"; tant il semble desormais vain d'enfermer un individu dans une "identite cliche", fondee sur ses seules racines.
Sebastien Jallade in L'appel de la route, Petite mystique du voyageur en partance

vendredi 26 février 2010

Avec Chottu

Pause lassi avec Vinay et Sonu a Ramnagar

Quelques photos...


Arrivee a Delhi...

Minta et Sunita


Dulriya, Minta et moi


Minta et Sunita at home

jeudi 25 février 2010

Varanasi et Rahul

25 fevrier

Journee glandouille a Varanasi, sieste, lecture et massage ayurvedique avec une femme rencontree en novembre dernier et qui m'avait fait un massage des jambes extraordinaire! Du coup cette fois-ci j'ai pris le massage corps entier (full body massage) pour 300 roupies (=environ 6 euros pour 1h1/2 de massage...)
C'etait trop top!!
Du coup je reviens demain, RDV a 16h, et je referai du henna car le dernier fait a Paris est tout efface...
J'ai telephone a Rahul, et nous nous sommes retrouves en fin d'apres-midi, avec son copain Sonu.
Il est en pleine forme, il a son propre telephone portable maintenant, et j'ai appris que son veritable prenom c'est Vinay, rahul c'est son nom de scene etson adresse mail, "my spanish name" comme il dit...! Et moi qui l'apelle Rahul depuis le debut, quelle honte!!
Sa mere et ses freres et soeurs arrivent demain de Lucknow pour Holi, le festival des couleurs qui a commence ces jours-ci, et dont le point culminant, le Holi day, sera lundi, quand je serai dans le train!! Mais bon, tant pis, je ferai Holi dans le train, ca va etre fun!
Du coup demain soir je suis invitee dans la famille de Rahul-Vinay pour rencontrer sa mere et sa fratrie! Je suis super heureuse de cette marque de confiance...
Demain RDV a 9h pour une ballade en bateau avec Vinay et Sonu jusqu'au palais du Maharadjah (je pense que c'est le palais de Ramnagar ou j'etais allee en 2007) puis au grand temple de Shiva...
A suivre...

Slumdog not millionaire...

jeudi 25 fevrier

Avant de vous raconter ces 48h avec Minta et sa famille, je vais commencer par la fin, comme dans Slumdog millionaire...
Au bout de ces 2 jours, je peux dire que:
  • j'ai probablement pris 2 kgs a force de manger des samossas et de boire du chai toute la journee
  • j'ai probablement des poux (merci Chottu!)
  • je ne m'apelle plus France mais Didi (terme affectueux pour dire soeur en hindi)
  • je sais compter jusqu'a 10 en hindi et je connais les principaux noms des legumes(merci Chottu encore!)
  • je vais devoir demenager pour accueillir tous ces enfants en vacances dans quelques annees!
Reprenons au debut...
Dulriya Devi etait marie, avec un homme qui buvait, et qui en est mort...le terme "finish" qu'elle employait en parlant de son mari voulait donc bien dire mort...
Elle est donc seule avec ses 3 enfants, et survit dans sa hutte de fortune au bord de la route en vendant du chai.
Elle ne mendie pas, ses enfants non plus...Chottu, le petit dernier, va a l'ecole primaire au temple japonais a cote, et en plus de l'ecole il a 1 repas par jour le matin. C'est une oeuvre caritative japonaise qui finance cette ecole.
Les 2 filles ne sont pas scolarisees, c'est trop cher et de toute facon leur mere a besoin d'elles a la maison...
Je me rends compte vraiment a quel point le statut des femmes et des filles est mauvais en Inde, et je l'experimente cette fois-ci pour de bon. Dulriya veut rester digne, et n'attend d'aide de personne, comme elle n'attend pas grand-chose de la vie. Elle a peu d'education telle qu'on l'entend chez nous, mais une telle generosite de coeur, qu'elle a transmise a ses enfants.
Son statut de veuve l'a mis a l'ecart de la societe, et je comprendspourquoi elle vit a l'ecart des autres habitations, sur le bord de la route, comme les chiens errants... son statut d'intouchable lui permet je pense de m'accueillir chez elle et de partager le peu qu'elle a avec moi, y compris les repas que je partage avec les enfans, a meme le sol, en mangeant avec les doigts dans le meme plat... J'adore manger avec les doigts, le probleme c'est quand c'est chaud et liquide, je me brule la pulpe des doigts! Du coup ca les fait beaucoup rire, et moi aussi!
Je passe ces 2 jours assise sur la paille, a papoter avec Dulriya: elle parle en hindi, et moi en francais, et on melange quelques mots d'anglais de temps en temps....et ca marche, en tout cas le plus important passe!
Cette intimite entre femme est un des plus beaux moments de partage que j'ai vecu...
Dulriya me promet que la prochaine fois que je viendrai a Bodhgaya, elle aura termine sa maison, il y aura une chambre et une salle de bains, et je dormirai la avec eux, pas a l'hotel ni au monastere...Of course I will! Ce sera super, j'ai hate! Bon, il faudra prevoir une dizaine de flacons d'huile essentielle de citronelle, car les moustiques m'ont fait la peau, mais je serai tres heureuse de partager ca avec eux.
Chottu va un peu mieux, il a des medicaments (antibiotiques et paracetamol) et je le trouvais un peu mieux hier soir en les quittant.
Il toussait encore, et il est tout maigrichon avec un gros bidon, reflet de sa sous-alimentation chronique...
Sunita lui epouille la tete, il se gratte beaucoup...il aime beaucoup les calins, et vient spontanement me faire un gros bisou de temps en temps, puis repars jouer ou se recouche...
Sunita me coiffe, me maquille...je suis leur poupee pour la journee!
Je les emmene au Mahabodhi temple tous les 3, ils venerent autant Bouddha que Shiva ou Vishnou... ce qui est rigolo, c'est qu'on reconnait les hindous car ils tournent autour du temple a l'envers, c'est a dire de droite a gauche et non de gauche a droite comme les bouddhistes...
Hier soir, jour de mon depart, Dulriya a achete du poulet, et a cuisine avec Sunita des morceaux de poulet et des nouilles: c'est un repas de fete, et nous le partageons tous ensemble, sauf elle qui ne mange jamais avec nous... elle fume des bindis toute la journee (cigarette indienne) mais je ne la vois jamais manger...
Avant de manger le poulet, j'avais eu droit a mes samossas, mes beignets au miel et mes 10 chai de la journee!!
Dulriya m'accompagne a la gare, elle ne veut pas me laisser partir seule la nuit....et du coup laisse ses enfants seulsjusqua'au lendemain, elle va passer la nuit chez sa soeur a Gaya...
Avant de partir, elle me donne un peu de poulet et des nouilles dans un sac en plastique, et un tehrmos de chai: pour la gare me dit-elle, tu n'aura rien a manger ni a boire la-bas...
Voila comment je suis devenue Didi pendant 2 jours, et comment une famille indienne, hindoue, au fin fond du Bihar indien (probablement l'un des etats les plus pauvres de l"inde avec l'Orissa) m'a adoptee, malgre nos differences culturelles et les difficultes de communication...

mardi 23 février 2010

Retrouvailles avec Minta

Bodhgaya, 22 fevrier 2010

Arrivee ce matin apres 16h de train...je pensais arriver tot le matin a Gaya, mais nous avons pris beaucoup de retard pendant la nuit, et du coup j'ai touche le sol du Bihar a 10h30 ce matin.
Nuit agitee dans mon compartiment, que je partageais avec une dizaine de personnes dont une famille avec 3 enfants en bas age entre 14 mois et 5 ans... heureusement que je dors sans problemes partout tout le temps!  Pas de problemes particuliers pendant ce trajet, quelques petites anecdotes que je relaterai dans mon prochain post special train indien...
A Gaya, je partage un rickshaw avec un francais Xavier et un japonais That rencontres a la sortie du train. On partage finalement le rickshaw avec un polonais qui nous offre le trajet....je ne comprends pas bien pourquoi, mais c'est super sympa!
arrivee a Bodhgaya, nous tentons de trouver une chambre au monastere bouthanais, ou j'avais sejourne l'an dernier...mais il est plein... 2eme tentative au monastere bengladeshi a cote, plein aussi mais qui nous propose de dormir dans la salle de meditation a meme le sol... c'est super gentil, mais nous refusons poliment... du coup, un des jeunes de l'accueil propose de nous accompagner a un autre monastere bengladeshi (Anand Vihar), ou il y aurait des chambres... en fait, le monastere est en construction, et les chambres sont les cellules des moines qui vivent la et participent a la construction du monastere... Xavier et That partagent une chambre, et moi une autre...la vue est superbe, nous sommes un peu excentres du centre tres bruyant, et nous avons vue sur les rizieres dans un calme tres apaisant...
Dejeuner au tibetan cafe qui etait deja ma cantine l'an dernier.
L'apres midi, je pars a la recherche de Minta, la petite fille rencontree l'an dernier et pour laquelle j'avais eu un vrai coup de coeur... je retrouve le chariot de blanchisserie de son pere, et sa "maison" un peu plus loin, sur le chemin qui va au monastere bouthanais, comme l'an dernier.
Je donne son nom a une femme sur la route, qui m'indique ou la trouver...et elle est la, avec sa mere et sa soeur Sunita. Elle me reconnait, et nous sommes toutes les 4 tres emues de nous retrouver... la communication est un peu difficile car je ne parle toujours pas hindi a part quelques bribes, et elles ont des notions d'anglais tres limitees.. Mais la communication entre femmes passe toujours, et me voila partie dans une seance de mise en beaute a l'indienne: nattage des cheveux (j'ai meme eu droit a des extensions, le probleme est que mes cheveux sont clairs et la natte est foncee, mais ce n'est pas tres grave!), massage des jambes et des bras, maquillage.... j'echange une de mes bagues avec Dulriya la maman, qui me donne sa bague de Ganesh...
Leur maison est toujours sur le bas cote de la route, mais il y a maintenant un toit  (bambous et bache en plastique) et une bache qui separe la cuisine a ciel ouvert du petit coin pour dormir, qui est en fait de la paille avec une natte en coton. C'est la que je vais passer mon apres midi, a papoter et a boire du chai, le the indien au lait et aux epices. Le petit dernier, Chottu, 5 ans, est mal en point depuis plus d'1 mois: il tousse, il a de la fievre, mal au ventre, et il est tres affaibli, passant le plus clair de son temps a dormir... je crois que je vais l'emmener chez le docteur demain...sa maman est alle en voir 1 plusieurs fois, mais je ne comprends pas ce qui est note sur l'ordonnance, et il n'a pas l'air d'aller mieux de toute facon...
Je dine avec elles 3 et Chottu, qui peine a avaler 1 pakora...
Petit tour au marche dans l'apres midi, faire quelques emplettes.. je suis heureuse de partager ces moments avec elles...
Le soir Minta et sa maman m'accompagnent au tibetan acfe ou j'ai RDV avec Xavier et That pour diner...je pernds juste un hot lemon ginger, je n'ai plus faim apres 2 pakoras, 2 beignets au miel (un peu comme des cornes de gazelle) et 1 oeuf dur...
On se donne RDV demain a 9h chez elles. Avant, seance de yoga a 6h avec That et Xavier, puis petit tour au Mahabodhi Temple...
J'essaie de mettre quelques photos en ligne demain...

lundi 22 février 2010

Welcome Delhi, welcome India!

Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui precede le voyage, l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses
Milan KUNDREA, La vie est ailleurs
(Gallimard, 1976)

That's it, I'm coming back!!
Delhi, 28 degres ce matin, chaleur et pollution retrouvees, le murmure assourdissant de la ville qui monte en puissance au fil des heures, une fourmiliere en action...c'est Delhi, antre grouillante d'une Inde passee et en devenir, une Inde, des Indes...

Je suis arrivee hier soir comme prevu, 1h de retard au depart de Paris rattrapee en partie pendant le vol... Arrivee a 23h50 dans le terminal, et la 1ere surprise: j'expedie les formalites de douane et d'immigration en 10 mn chrono, alors que pourtant j'etais assise presque au fond de l'avion donc la derniere a sortir... mais a Delhi, meme a minuit, ca depote aux guichets de l'immigration, et avec le sourire! Quand je repense aux heures passee a Paris ou aux USA, a patienter pendant parfois plus d'1heure pour passer l'immigration, et en pleine journee en plus!
Je recupere mon sac, je change quelques euros au guichet Thomas Cook dans le terminal (la commission est consequente mais ca m'evitera de courir lundi matin...) et je m'en vais tenter de retrouver le bout de papier avec mon nom dessus, que doit tenir un chauffeur de taxi envoye par ma Guest House.
C'est toujours un moment inyense de sortir de l'aerogare et de voir ces 2 files de pancartes et papiers divers, avec les noms des GH et des personnes attendues dessus... Une sorte de haie d'honneur, dans laquelle il faut reperer son nom... A 2 c'est evidemment plus facile, chacun regarde d'un cote...seul, c'est plus complique car il faut tourner la tete de chaque cote, et ne pas rater le coche car ensuite s'il faut revenir en arriere, on se retrouve a contre courant du flux de voyageurs qui sort de l'aerogare....
Bon, je vous rassure et j'arrete la le suspens insoutenable dans lequel je vous ai plonge, j'ai retouve mon chauffeur, et le papier avec mon nom dessus! Je me suis meme demande s'ils n'utilisaient pas le meme a chaque fois, tellement il etait deja tout chiffone!!
Pour la 1ere fois, le taxi envoye est un vrai taxi: par vrai taxi j'entends une voiture particuliere, clean, avec meme la ceinture a l'arriere!! Le chauffeur conduit doucement, et ne me pose pas les questions rituelles du style What is your name? et Where are you from? Question: suis-je vraiment en Inde?? Bon, le tarif a double pour le pick up, de 420 rps en novembre nous sommes passes a 700 rps en fevrier... ce serait donc juste une question d'argent?? A creuser...
Arrivee a Ajay GH, mon QG a Delhi. La chambre n'est pas prete, il faut patienter 20 mn... ah je suis rassuree, je suis bien a Delhi!! Si la chambre avait ete prete, la j'etais vraiment sur une autre planete...
Je papote avec un des serveurs en buvant mon 1er chai, et il m'apprend qu'il est de Bodhgaya, comme le chief manager qui est a l'accueil de nuit! Et figurez-vous qu'il rentre dans sa famille a Gaya pour 10 jours, et prend justement le train demain apres-midi! Du coup on echaffaude des plans pour se retouver demain sur le quai, on s'emballe...avant de se rendre compte que nous ne prenons pas le meme train!! Eh oui, lui prend le Mahabodhi expresse qui part a 14h10, et moi le Poorva xpress qui part a 16h20... il n'y avait plus de places dans le 1er rain quand j'ai reserve sur IRCTC en decembre...
1ere nuit seule en Inde, je mets un peu de temps a trouver le sommeil....
Ce matin, petite ballade a Chandni Chowk, le coeur de Old Delhi, ou je me suis rendue en metro. On peut soit acheter un jeton (tokel)  pour les trajets simples soit une carte pour les trajets plus longs ou valables plusieurs jours, comme notre pass navigo parisien.
J'opte pour le tokel pour aujourd'hui, je prendrai le pass a mon retour puisque je reste 2 jours pleins a Delhi avant de rentrer a Paris.
J'ai achete des fruits pour le train, et je m'en vais donc a la gare de New Delhi a pied ( environ 1/4 d'heure) pour ce 1er trajet en train pour rejoindre Gaya puis Bodhgaya, ou j'arriverai demain matin.
A suivre...

mercredi 10 février 2010

Les trains, les femmes, l'Inde...

Ce n'est pas tellement mon problème sur les longs trajets, et puis çà perd un peu de son charme les trains indiens sans les indiens... mais c'est une bonne chose pour les indiennes, car les trains de banlieue qui desservent quotidiennement Delhi et Bombay entre autres sont saturés, les mains baladeuses ne sont pas rares et c'est insupportable!


Majuli

dimanche 7 février 2010

India by train

Elle avait toute une journée devant elle et, assise contre la fenêtre, elle regarda l'Inde défiler sous ses yeux en un carrousel d'images simples-des femmes qui battaient du grain sur des tapis, des hommes qui labouraient avec des boufs placides, des enfants qui sautaient dans des cours d'eau boueux, des chapelets de maisons frappées de soleil, ici et là un passage à niveau devant lequel un bus bleu ou un homme à bicyclette s'arrêtait devant le train. Ces présences humaines s'arrêtait devant le train. [...] il n'y avait plus que des champs, ou des arbres noueux, ou de grandes plaines de terre à perte de vue [...] elle lui appartenait à elle seule, tel un secret qui lui aurait été révélé, et une découverte: l'Inde était aussi faite de contrées désertes.
Paul THEROUX in Suite Indienne

Chant diphonique mongol et livre de photos sur l'Inde: un vrai bonheur ce dimanche!

 Cet après-midi, direction les steppes d'Asie centrale et la Mongolie à travers un concert magnifique au Théâtre des Abbesses dans le 18ème arrondissement de Paris.
J'ai d'ailleurs découvert une région que je ne connaissais pas: le Bashkiristan... je n'ai d'ailleurs pas encore réussi à le situer sur une carte, c'est vous dire à quel point cette région du monde est mystérieuse, tout comme Ishmurat Il'bakov, fameux joueur de flûte kuraï...
Il y avait aussi Raushan Orazbaeva, jeune femme originaire du Kazakhstan (çà, je connais, mais pas sûr que je sache mieux le situer sur la carte...), qui nous a envoutés au son de sa vièle kobyz..
Et le clou du spectacle (en l'absence de Tuyatsetseg Tseren qui était souffrante et n'est donc pas venue), ce fut Tsogtgerel, jeune musicien mongol, voix magnifique, hommage vibrant à la culture mongole et au chant diphonique xöömij... ce chant, que j'ai découvert, est un chant profond, grave, qui va chercher très loin l'émotion pour la faire rejaillir tel un mantra...j'ai d'ailleurs retrouvé quelques similitudes avec les mantras psalmodiés par les moines bouddhistes tibétains, si ce n'est que Tsogtgerel s'accompagne d'une vièle morin khur, ce qui n'est pas le cas des moines qui chantent a capella...
Un beau moment donc...
 http://www.routesnomades.fr/tserendavaa-et-tsogtgerel.html

Plus tôt dans l'après-midi, j'étais allée rencontrer Mathieu Fouchet, jeune auteur d'un livre magnifique sur l'Inde, alliant textes et photos prises lors de son périple en Asie et en Inde en 2008. J'ai aimé sa vision de l'Inde et des indiens, son regard très doux porté sur ce qu'est véritablement l'inde, sur ce qu'elle nous apporte, ce en quoi elle nous déstabilise et nous pousse parfois dans nos retranchements... ce livre est beau, et donne vraiment envie d'être heureux... Bravo Mathieu!
http://www.mathieu-fouchet.com/index.html